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Wednesday, August 8, 2007

Mysterious and entertaining Blaise Cendrars


(photograph: Getty)

Blaise Cendrars seems to have been a mysterious and original man, the adventurer par excellence, making us all jealous of his immaterial, gypsy-like and creative life. An independent and free man, a close friend of the second-class citizens, of the banned, of the unsettled, of the women, a critic of the war, of any arrogance, of the elite, in love with women, friends and South America, also a poet, a film director and an international entrepreneur. And a very enjoyable, realist and surrealist writer. Here is a nice litterary short post on him by Lee Rourke. For the road, also a self-claimed descendant of the great mathematician Leonhard Euler (claim made in L'homme foudroyé).

Tuesday, August 7, 2007

Petit poème de Blaise hors-contexte

Dans L'homme foudroyé, Blaise fait une critique acerbe de la banlieue de Paris telle qu'elle se developpait au debut du 20ième siècle: parcs d'immeubles suivant une "nouvelle" architecture très axée sur l'enlacement des geométries, remodelage intellectuel des relations entre voisins, plus vraiment le village pas encore la cité, façonnement de nouveaux lieux de rencontres tous droits sortis des théories sociales de ce début de siècle, avec les ouvriers, les prolétaires comme cobayes. La critique se finit par ce petit poème:

"Partir. Repartir.
Et la guerre qui se préparait?
Je serai de retour pour refaire la guerre.
Mais je ne bougerai pas un doigt pour défendre la bourgeoisie.
Ah, les salauds...
Au cœur et aux portes de Paris."

Blaise Cendrars, L'homme foudroyé, Rhapsodies gitanes, Troisième rhapsodie: La grand'route

Monday, August 6, 2007

Combien de temps pour absorber toutes les connaissances humaines?

"En 1908, Remy de Gourmont me disait qu'en consacrant deux heures par jour à la lecture, à une lecture systématique, on épuiserait non seulement la Bibliothèque Nationale en moins de dix ans, mais encore qu'on aurait fait le tour de toutes les connaissances humaines, tellement les livres se répètent, les auteurs se copiant les uns les autres au point que des secteurs entiers de l'univers des imprimés sont inutiles et que des pans entiers du continent que forme cette immense bibliothèque avec ses millions et ses millions de volumes s'effondrent quand on y fait son trou avec l'entêtement et l'appétit d'un rat ou d'un ver intelligent!..."
Blaise Cendrars, L'homme foudroyé, Rhapsodies gitanes, Troisième rhapsodie: La grand'route

Thursday, August 2, 2007

Les gitanes selon Blaise

"Les gitanes sont malins comme des peaux-rouges et comme tous les primitifs ils connaissent l'art de lire dans la pensée Ce ne sont hommes de notre sphère ni de notre temps."
Blaise Cendrards, L'homme foudroyé, Rhapsodies gitanes, Deuxième rhapsodie: Les ours

Wednesday, July 25, 2007

Les femmes de Blaise

"Moi, un alphabet de 24 lettres me suffit pour faire revivre toutes les femmes que j'ai connues, connues selon la Bible ou tout simplement imaginées, sans parler des femmes de l'histoire et de la légende, les amoureuses peintes dans les musées, les phantasmes nocturnes, les inconnues que j'ai baisées en vitesse sur le pont des embarcations ou derrière une porte, les hermaphrodites, les succubes, mes filles illégitimes, mon ex-épouse, mon Amour, et Hélène-la-morte, celles dont j'ai tout oublié, la couleur des yeux, le ventre, le sourire, celles qui ne sont pas venues à un rendez-vous, celles dont on a pris congé pour toujours sans leur avoir plaqué, tant la hâte de la séparation était grande, un baiser d'adieu dans les jarrets, et toutes les muses, les oaristys, les égéries, les hamadryades de la poésie et les reines de l'écran d'argent. 24 lettres, cela me parait bien suffisant car avec un alphabet de 24 lettres on peut faire

620448401733239439360000

combinaisons, ces trillions de billions de milliards de millions de combinaisons qui sont autant de noms propres qui me sont chers..."
Blaise Cendrars, L'homme foudroyé, Le vieux port, Une drôle de vierge.